Organiser le suivi méthodique de la stratégie

Première étape, j’ai créé un scan que je mets à jour environ une fois par mois. Il me permet de constituer une liste de valeurs respectant trois critères :

  1. Le titre doit coter au SRD afin de pouvoir utiliser l’effet de levier chez le bon courtier.

  1. Le titre doit avoir un volume capitalisé de transaction quotidien supérieur à 20 millions d’euros en moyenne, au cours des 30 dernières séances.

  1. Le titre enfin, doit avoir un range quotidien moyen au cours des six dernières séances, supérieur à 1,85%, en sachant que ce seuil est révisable en fonction du niveau de la volatilité à la Bourse de Paris.

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Voici les règles que j’utilise au niveau informatique sur Axial Finance Expert. Le nom est « Scan Range Volatility Daily classement ».

J’exécute ce scan sur les 130 valeurs du SRD. Toutes celles qui respectent mes deux critères techniques, à savoir volume et range minimum, apparaissent dans une liste.

Le 25 juillet 2005, j’obtiens la liste suivante : http://www.objectifeco.com/a/la-bourse-pour-les-nuls.html

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J’élimine Alstom, Euronext et Scor. Leur comportement en intra day ne me plaît pas. En outre, les actions qui cotent en-dessous de 5 euros ont, du fait de leur valeur, des variations mécaniques qui nuisent aux approches que j’utilise pour analyser et trader.

Deuxième étape, je lance tous les jours à 14h30 un scan dédié aux cours intra day, en échelle de temps 30 minutes. Ce scan s’appelle « Scan Range Max Min INF seuil ».

Je cherche à sélectionner parmi ma liste de valeurs, les titres dont le range depuis l’ouverture de la séance à 9h00 est inférieur à 1,5% à 14h30. Je n’interviens jamais avant 14h30 avec cette technique.

Pourquoi ce seuil de 1,5% ?

Je sais que ma liste de titres a, en moyenne, un range quotidien sur les cinquante dernières séances de bourse qui évolue entre 1,8% et 2,2%.

Et je veux jouer une extension de range en zone 3.

Si la valeur est située à 1,9% en daily, je vais tenter le 0,45% de gains en cas de break. Si la valeur vaut 2,15% de range daily, j’essaye de capter 0,6%. Ces chiffres sont valables pour l’été 2005. Je les adapte en fonction de la tendance sur la volatilité.

Avec un courtier qui m’offre un aller et retour à 0,2%, il est vraiment possible de gagner avec régularité entre 0,25% multiplié par 5, soit 1,25% et 2%. C’est du gagne-petit. Mais les risques sont limités. Et en outre, le niveau de volatilité est situé à un niveau historiquement bas. Tôt ou tard, les écarts vont revenir.

Cas où la stratégie perd

Il existe un malheur en bourse… On ne peut pas y jouer sans avoir à perdre !

Que se passe-t-il lorsque cette stratégie perd ? Généralement, l’action construit un triangle inversé.

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Appliqué à notre stratégie, nous obtenons le résultat suivant :

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Comment couper une position ? Si je sélectionne une valeur qui réalise environ 2% de range moyen en format quotidien et si j’achète après une zone 1 et 2 ayant une amplitude de 1,3%, j’ai un objectif de gains de 0,7%. Généralement, je prends un effet de levier de 5 sur le SRD, ce qui porte à 2,5% le gain potentiel, une fois déduits les frais de courtage.

Je place en principe un stop cohérent avec une position, soit une perte maximum de 0,5%. Ce qui m’oblige à avoir raison une fois sur deux au minimum. Mais dans la réalité, je quitte la position dès que je la trouve suspecte. Généralement en effet, cette stratégie donne lieu à des mouvements immédiats qui n’hésitent pas. En intervenant vers 14h30 jusqu’à maxi 16h45, cela me donne trois à cinq barres de 30 minutes pour ma position. Je ne veux pas voir de break baissier, sinon je coupe.

Voici un exemple en 2004 sur ST Micro.

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Source : Axial Finance Expert

Des chiffres économiques américains ont mis une position à mal. Le point 1 montre un break à la hausse du range du matin juste après le bas de cycle de la volatilité. Seulement à 16h00, une mauvaise statistique US est tombée et le marché s’est retourné à la baisse, breakant au passage (point 2) le range initial du matin dans le sens inverse. Dès 16h00, je vois bien que l’action réintègre la zone 1 et 2. En outre, le plus bas des trois dernières barres de 30 minutes est cassé à la baisse. C’en est déjà trop pour moi. Un trade doit fonctionner rapidement lorsque l’on joue un break d’accélération. Sinon, je préfère couper, quitte à regarder le marché monter sans moi.

Exemple gagnant de trade

 

Lorsqu’un titre se retrouve après la zone 1 et 2, avec un faible range en comparaison avec sa moyenne quotidienne habituelle, juste au moment où il touche le bas de la courbe en U de la volatilité intra day, il est très intéressant de se positionner sur un break des extrêmes du range en cours.

Un autre exemple dès le lendemain a lieu sur STMicroélectronics. La même stratégie permet de réaliser une petite opération.

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Source : Axial Finance Expert

Même principe, le range du matin représente un écart de 0,94%. A 16h30, au point 1, la volatilité est en-dessous de 0,40%, le point-pivot. Un break a lieu sur la borne basse du range constitué de la zone 1 et 2. Le titre décale alors légèrement à la baisse, offrant au moins la perspective de couvrir les frais de courtage, contrairement à la séance de la veille qui a permis de dégager, elle, un beau bénéfice.

Observons maintenant ST Micro sur plusieurs séances consécutives, avec analyse des résultats.

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Source : Axial Finance Expert

Séance 1 : La courbe en U de volatilité est bien présente. Le problème est le range du matin qui ne laisse jamais la place à une congestion. Le marché est toujours en tendance, même pendant la chute de la volatilité entre midi et deux heures. Pas de signal !

Séance 2 : Même problème que la séance 1. Il n’y a plus d’extension possible du range par rapport au mouvement du matin, celui-ci ayant propulsé la taille du range à celle d’une séance normale. D’ailleurs, à partir de 15h00, le titre congestionne sans break.

Séance 3 : Le résultat de cette opération est une perte.

Séance 4 : Une séance classique qui se solde par un bénéfice.

Séance 5 : Un peu moins classique, mais tout aussi profitable. Contrairement à la séance 1 et 2, le titre congestionne pendant 3 heures, même si le range initial du matin est déjà de belle prestance et la congestion, proche des plus bas.

Stratégie pour day trader à partir de la volatilité

Représentons-nous désormais la situation. Nous savons que 80% des séances de ST Micro vont ressembler aux profils qui ont été présentés et dessinés au début de ce chapitre. Nous connaissons maintenant la taille moyenne de l’amplitude de ces profils. Nous savons également qu’il existe la zone 2 qui se traduit par une courbe en U de la volatilité des graphiques, en échelle de temps 30 minutes.

Je vous propose que nous sélectionnions un profil-type et que nous l’exploitions en day trading. Je vais recopier ici le profil qui m’intéresse.

Il existe les congestions en zone 1 et 2, puis une tendance haussière ou baissière en zone 3.

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Je vais dessiner la stratégie qui se déroule de manière idéale.

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Voilà notre stratégie.

STMicroélectronics, en format 30 minutes

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Source : Axial Finance Expert

Voici la séance du 2 mars 2004. Le range du matin se réalise lors des deux premières barres de 30 minutes. Sa taille ? 0,91%, soit bien en-deçà de la moyenne des ranges qui est de 1,9%. Une extension est donc fortement probable. La volatilité se calme et un premier break a lieu (point 1) à la hausse, juste au moment où le range moyen des six dernières barres de 30 minutes est en bas de cycle vers 0,22%. Le titre poursuit son extension jusqu’à la fin de la séance, portant son range quotidien de 0,91% à 2,64%.

Volatilité intra day récente contre historique

Première étape, déterminer le niveau de range moyen quotidien glissant, sur six séances. C’est ce niveau qui va permettre de cerner la volatilité et les seuils en valeur relative.

Comment apprécier le range moyen ?

J’ai créé sur Axial Finance Expert un indicateur qui s’appelle le « Range Volatility ». Vous pouvez le télécharger gratuitement.

Il suffit alors de prendre une action en format quotidien, de régler sur six jours la variable « durée » et vous obtenez la valeur moyenne de la volatilité de range.

Source : Axial Finance Expert

Voici ST Micro en 2005 sur quelques mois d’historique, avec le Range Volatility. Nous pouvons alors récupérer l’information suivante : le range moyen est au minimum de 1,5% et il peut monter vers 3%.

A ce stade généralement, je fais une recherche historique sur dix ou quinze ans, afin de déterminer quels sont les niveaux et situer le court terme par rapport au long terme.

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axialfinance.com

Au niveau historique, sur dix ans, je découvre que le niveau 1,5% est proche des seuils planchers de volatilité sur ST Micro.

La courbe en U de la volatilité intra day

Volatilité intra day

Je vous propose que nous zoomions maintenant sur une séance, afin d’exposer un seul U au grand jour.

Prenons l’exemple de STmicroélectronics et son graphique en format 30 minutes de optionweb, et zoomons sur une seule séance.

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Source : Axial Finance Expert

Les deux traits noirs verticaux sur les cours délimitent 12h00 de 15h00. On voit bien que les cours ont un range moyen sur six barres de 30 minutes de 0,50% entre 9 heures et 12 heures. Puis, le range moyen tombe à 0,25%, soit la moitié de la volatilité du matin. Avant de remonter après 15 heures, jusqu’ à 17h30 vers 0,50 / 0,60% d’écart sur des barres de 30 minutes. En pointillé horizontal, il s’agit du seuil de 0,40%, point-pivot des variations.

Ce phénomène est loin d’être caractéristique de ST Micro. Alcatel ci-dessous, réagit exactement de la même manière.

Alcatel, deux mois en 30 minutes

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Source : Axial Finance Expert

La seule différence majeure entre STmicroélectronics et Alcatel est le niveau moyen de range en 30 minutes. En effet, 0,40% est un seuil-pivot pour la première (tracé ici, à nouveau en pointillé), alors qu’Alcatel a une volatilité deux fois supérieure avec un pivot proche de 0,80%. On voit bien en effet que la courbe de volatilité oscille en permanence au-dessus des pointillés. Retournez voir l’exemple de ST Micro pour comparer.

C’est le point théorique auquel je faisais allusion il y a quelques pages. Tout doit s’appréhender de manière relative encore une fois et non en valeur absolue. Il faut adapter les seuils en fonction de la taille des variations habituelles d’une action, d’un indice ou des options binaires.

J’ai repris l’exemple de ST Micro avec les mêmes indicateurs en format 30 minutes et le seuil de 0,40% en niveau pivot.

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Vous devez avoir confiance dans cette approche. Elle repose sur un principe phare du fonctionnement des marchés financiers.

La cyclicité de la volatilité en day trading

 

Quelle est la différence entre le swing trading et le day trading ?

Réponse : la cyclicité de la volatilité. Si nous consultons les cours de bourse en format quotidien, il est relativement rare de pouvoir observer des changements violents et brusques des niveaux de volatilité. Certains titres y parviennent. Je pense à Pinguely Haulotte qui fait preuve d’une cyclicité assez étonnante.

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On voit bien en effet sur ce titre que la courbe des ranges monte et descend à intervalles réguliers.

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Source : Axial Finance Expert

Cela n’a rien à voir avec Bouygues par exemple, où la cyclicité est nettement moins visible.

La notion de cyclicité exprime l’idée qu’une courbe monte et descend vers des zones extrêmes, de manière répétitive. Un peu comme un RSI 14 jours qui oscille entre 30 et 70.

Regardez la différence de cette même volatilité de range sur des graphiques intra day issus de 24option, destinés à faire du day trading.

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axialfinance.com

La cyclicité de la volatilité est presque parfaite ici sur ST MicroElectronics.

Il s’agit de la fameuse courbe en U. souvenez des différents profils présentés au début de ce chapitre avec les zones 1, 2 et 3. Le bas de la lettre U symbolise l’absence de volatilité de la « dead zone », la zone numéro 2.

Exploiter la volatilité en day trading

Pourquoi suis-je obsédé par les écarts entre le plus haut et le plus bas ?

Pour une raison évidente que chacun peut rapidement saisir : souvenons-nous de France Télécom en 2002 avec une moyenne de range de 10% par jour.

Que se passe-t-il si au bout de trois heures de cotation, l’écart entre le plus haut et le plus bas est de seulement 1,5% ? Le premier break à la hausse ou à la baisse risque fort d’étendre le range de manière à la ramener vers sa moyenne quotidienne de 10% ! C’était à cette époque des signaux efficaces. Si cette âge d’or est révolu en 2005, le principe d’extension du range du jour reste d’actualité. Je vais développer cette stratégie dans la suite de ce chapitre.

Avant de creuser notre sujet plus en détail, je souhaiterais rappeler qu’aborder la volatilité ne peut s’envisager qu’en valeur relative. Aucun indicateur ni aucune règle n’est fixe dans le temps. Il est impératif d’ajuster en permanence, en fonction de la force du vent, les seuils déclenchant les signaux d’achats ou de vente.

Vous comprendrez par la suite à quoi je fais allusion. Rappelez-vous juste que les courbes intra day d’un titre qui réalisent des écarts quotidiens moyens de 10% n’ont rien à voir avec celles, congestionnées, des valeurs qui ne décalent que de 3% par jour.

Si les principes de fonctionnement sont identiques, les niveaux sont relatifs et fonction de la volatilité de range. Personne ne précise jamais ce fait. Je pense notamment aux livres de trading américains publiés entre 1999 et 2002, au moment où les titres techno ont réalisé des records d’écarts et de ranges, à la hausse comme à la baisse. Les stratégies présentées dans ces livres sont totalement inapplicables aux valeurs normales avec un range de 2 à 4%. Elles sont valides, mais uniquement sur des titres à forts ranges… une subtilité pas toujours évidente au départ.